Aux alentours de 45 ans, le cristallin commence à perdre en élasticité. Il devient de moins en moins à même de se déformer pour assurer l’accommodation. Pour prendre en charge cette presbytie, au-delà de la solution classique des verres correcteurs, il existe aujourd’hui de multiples techniques de chirurgie réfractive. Le Lasik, le PresbyLasik et la pose d’implants en remplacement du cristallin sont les plus couramment pratiquées.
Prendre en charge la presbytie par chirurgie réfractive au laser
Le Lasik et le PresbyLasik sont les deux principales techniques laser utilisées pour corriger la presbytie. La pratique de la PKR pour traiter ce trouble visuel est rare, et le SMILE ne permet pas de le traiter.
Qu’il s’agisse de Lasik ou de PresbyLasik, l’anesthésie est assurée par l’instillation de gouttes oculaires. La durée des interventions n’excède pas 30 minutes et aucune hospitalisation n’est nécessaire.
Les deux protocoles consistent en la création d’un volet cornéen. Son épaisseur comprend l’épithélium, couche externe de la cornée, et la partie supérieure du stroma, le feuillet cornéen intermédiaire.
Ce capot est alors basculé sur le côté. Cela donne accès aux couches un peu plus profondes du stroma. C’est là qu’est appliqué un faisceau laser Excimer, pour apporter la correction requise par photoablation. En fin d’opération, le volet cornéen est rebasculé dans sa position initiale.
Cependant, même si les modes opératoires sont très semblables, Lasik et PresbyLasik suivent des stratégies différentes. Pour prendre en charge la presbytie, le principe du Lasik est la mise en place d’une « monovision » ou « bascule » : les deux yeux sont traités différemment. Généralement, le dominant est dédié à la vision lointaine, et le dominé à la vision proche.
La stratégie du PresbyLasik est toute autre. La technique consiste à installer chez le patient une « multifocalité cornéenne ». Cela signifie que les profils de photoablation des deux yeux sont quasi similaires, pour permettre à chacun de bien voir de près comme de loin.
Dans les deux cas, bascule ou multifocalité, le cerveau va ensuite devoir apprendre à trier les informations issues de ce tout nouveau système visuel. On parle de « neuro-adaptation » et cette phase peut prendre quelques semaines.
Le choix entre monovision et multifocalité est généralement précédé d’un test de simulation avec des lentilles, pour déterminer la solution la plus adaptée au sujet. Certains patients supportent mieux la monovision que la multifocalité. Chez d’autres c’est l’inverse.
Les implants pour traiter la presbytie
Certains individus présentent des contre-indications formelles au Lasik et au PresbyLasik. Dans leur cas, c’est alors la pose d’implants oculaires en remplacement des cristallins qui devient la solution alternative. Cette méthode de remplacement d’un cristallin clair est dénommée « Prelex ».
Ce mode de prise en charge de la presbytie est aussi la règle d’or chez les sujets proches de 60 ans, même s’ils sont éligibles à une chirurgie au laser. En effet, le traitement de leur cataracte imminente nécessitera certainement à terme de substituer aux cristallins opacifiés des lentilles artificielles.
Dans tous les cas, l’intervention ne nécessite pas d’hospitalisation. Elle a lieu sous anesthésie locale et dure environ 30 minutes. En revanche, alors que les techniques laser permettent de traiter les deux yeux le même jour, il est d’usage de procéder au remplacement des cristallins en planifiant deux chirurgies, une par œil, espacées d’une semaine ou davantage.
Comme pour un traitement laser, en amont de l’opération, un choix doit se faire entre monovision et multifocalité. La notion d’adaptation neuro-sensorielle s’applique donc aussi au traitement de la presbytie par pose d’implants.








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