Myopie forte : quel traitement ?

par | 24 avril 2023

Cette actualité appartient aux catégories suivantes : Chirurgie réfractive | Myopie

Une myopie est dite « forte » lorsqu’elle est supérieure à 6 dioptries. Au-delà de l’inconfort quotidien qu’elle engendre, la myopie forte peut être à l’origine de complications rétiniennes graves. La chirurgie réfractive offre aujourd’hui des solutions pour sa prise en charge, notamment des méthodes laser (Lasik et SMILE) ou la pose d’implants Phake, dans la chambre postérieure de l’œil.

 

Qu’est-ce qu’une myopie forte ?

 

La myopie est un trouble de la réfraction oculaire. Elle trouve son origine en une mauvaise adéquation entre la longueur de l’œil (de sa face externe à la rétine) et le pouvoir de réfraction du couple cornée-cristallin. Ainsi, plutôt que de se former à la surface du plan rétinien, les images se forment en avant de celui-ci. Les sujets atteints voient alors mal de loin.

La dioptrie (D) est l’unité utilisée pour quantifier la myopie. Ce nombre correspond à l’inverse de la distance à laquelle un objet peut être observé nettement. Par exemple, un individu qui voit net à 0,25 mètre (25 centimètres) est affecté d’une myopie de 4D (1/0,25). Ce trouble visuel est dit fort lorsque le nombre de dioptries est supérieur à 6D. On parle aussi de « myopie magna », affection qui toucherait 0,5 à 5% de la population générale et d’origine héréditaire dans la plupart des cas.

Outre bien sûr un inconfort visuel important, la myopie forte est susceptible d’entraîner des complications rétiniennes graves (déchirure ou décollement, envahissement de la zone centrale par des vaisseaux en provenance de la choroïde, étirement etc.). Le fait que la myopie forte soit considérée par l’Organisation Mondiale de la Santé comme l’une des 5 causes principales de cécité illustre bien la gravité de cette affection, les risques qu’elle représente et la nécessité de la prendre en charge.

 

Traitement d’une myopie forte

 

Le Lasik est une méthode laser qui permet en théorie de prendre en charge la myopie jusqu’à 10D. Le principe est alors d’aplatir la cornée sur sa zone centrale, par photoablation des tissus, pour en diminuer le pouvoir de réfraction. On estime cependant qu’il faut retirer 15 micromètres de tissus cornéens pour corriger 1 dioptrie. Or, pour éviter des complications post-opératoires graves, une épaisseur cornéenne résiduelle minimum est nécessaire après traitement. Dans le cas de myopies fortes, le patient doit donc répondre à des critères d’éligibilité très stricts pour pouvoir être traité au Lasik.

Le SMILE, autre méthode mettant en jeu l’utilisation d’un laser, est parfois envisageable pour la prise en charge des myopies jusqu’à 10D.

Lorsque la chirurgie réfractive laser n’est pas conseillée, la pose d’implant Phake constitue souvent la première solution alternative considérée. Dans ce cas, le principe de l’intervention est de venir insérer dans la chambre postérieure de l’œil, en avant du cristallin, une lentille artificielle. Les implants Phake permettent de prendre en charge efficacement les myopies jusqu’à 30 dioptries.

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2 Commentaires

  1. Claudine Vallies

    Quels sont les cas où l’implant ne peut pas être posé? Merci

    Réponse
    • Dr Camille Rambaud

      Bonjour,
      Il existe certaines situations dans lesquelles la pose d’un implant intraoculaire peut ne pas être recommandée ou nécessiter des précautions particulières.
      Dans le cadre d’une chirurgie de la cataracte, la pose d’un implant est réalisée dans l’immense majorité des cas. Cependant, certaines pathologies oculaires peuvent limiter le bénéfice visuel attendu, notamment en cas d’atteinte importante de la rétine, du nerf optique ou de la cornée.
      Pour les implants spécifiques destinés à corriger la myopie, l’astigmatisme ou la presbytie (implants premium ou implants phaques), certaines contre-indications peuvent exister : insuffisance de soutien du cristallin, profondeur oculaire insuffisante, maladie cornéenne, fragilité, rupture ou désinsertion du sac capsulaire.
      L’indication dépend donc du type d’implant envisagé et de l’état de l’œil. Un examen ophtalmologique complet permet de vérifier si la pose d’un implant est possible et si elle est susceptible d’apporter un réel bénéfice visuel.
      Bien cordialement,
      Dr Rambaud

      Réponse

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